Ailes de la vie

Drôle de vie !

Aujourd’hui, nous sommes le vendredi 14 octobre. Une journée qui ne reviendra plus jamais et qui nous est donnée pour apprendre à aimer.

Lorsque je voyage, j’aime beaucoup aller dans les cafés, les restaus, les auberges de jeunesse, chez l’habitant si possible. Et ensuite j’adore faire un tour aux toilettes !

Cette pièce me fascine littéralement depuis des années. Elle reflète tellement la personnalité des propriétaires. A sa décoration, l’on peut imaginer leur originalité ou leur conformisme.

iLleurs

Aujourd’hui, nous sommes le vendredi 7 octobre 2011. Une journée qui ne reviendra plus jamais et qui nous est donnée pour apprendre à aimer.

Et si … clac !

Aujourd’hui, nous sommes le jeudi 6 octobre. Une journée qui ne reviendra plus jamais et qui nous est donnée pour apprendre à aimer.

Et si au détour d’une rue, vous tombiez sur une lampe d’Aladin…
Elle est dans vos mains…bien entendu un gentil génie en surgit…et il vous propose de faire trois vœux !
Jusqu’ici tout est normal.

Alors quels vœux feriez-vous ?

Je me pose cette question depuis des années.
Quand j’avais 7, 8 ans, je souhaitais avoir une carapace pour me protéger des menaces extérieures. J’envisageais de devenir invisible aussi.
Et puis mes vœux ont évolué avec le temps. Longtemps, j’ai voulu sauvé le monde de la misère, de la faim, de la maladie; j’ai souhaité faire renaître ma mère; j’ai envisagé que la terre entière vive en harmonie et dans un bonheur sans limite.
Depuis quelques années, je suis centrée sur moi ! Quel vœux améliorerait ma vie considérablement ? Plus d’argent, plus de bonheur, plus de travail, plus de repos, plus d’amour, plus de paix, plus, plus, plus, plus … non rien de tout cela.

Aujourd’hui, je sais.
Génie, je souhaite me déplacer dans l’espace en un claquement de doigts en prenant avec moi qui je veux.
J’adore cette idée !
Envisageons une journée habituelle.
Je me lève à 6h30. Réveille mon fils à 7h00. Partons à 7h30. Ses cours commencent à 7h50. Moi 8h30. Je termine à 16h30. Lui à 17h00. Retour à la maison 17h30.

Avec un peu de fantaisie, cela donnerait …grand sourire, c’est parti !
6h30 ! Une nouvelle journée qui commence ! Tiens j’ai envie de manger des doughnuts. Clac, je suis dans une boutique de Londres à Picadilly Circus. J’en prends deux : un à la crème, l’autre au chocolat. Clac, retour à la maison.
Thomas se réveille alléché par la bonne odeur. Il a envie de boire un chocolat chaud. Je lui promets que ce soir en rentrant de l’école, nous irons à Vienne.
Clac je le dépose au collège.
Clac je suis sur la place San Marco à Venise. Oui il est encore trop tôt pour aller au travail. J’ai 35mn devant moi. Et franchement, 8h du matin, c’est l’idéal pour visiter Sans Marco. La place est vide. Seuls les pigeons picorent les derniers grains de maïs coincés dans les joins cassés des pavés. Il fait un peu frais. L’humidité de la lagune me fait froid dans le dos. Il est vrai que le soleil se lève à peine. Clac je prends une veste à la maison. Clac ah que cette place est agréable ! Le temps de rêver … et clac je suis au travail. Il n’est que 8h30 et depuis ce matin, je suis déjà allée en Angleterre et en Italie. Le rêve … !
Je suis censée rester au bureau huit heures durant…mais pourquoi ne pas donner le courrier directement à nos clients. « Bonjour, il fait frais à Lens ce matin ! ». « Bonjour, belle lumière à Périgueux. » « Bonjour, Orléans ! ». Je ne me suis absentée que trois minutes …ce n’est pas la fin du monde.
Toute la journée, je parle avec des gens dont je connais très bien la voix mais pas du tout leur visage. Voilà une belle occasion de se découvrir. « Ok, on prend la pause ensemble ! J’arrive ! ». 12h30, j’appelle ma sœur « ça te dit de manger avec moi ? D’accord, prépare un truc, j’arrive. » 10 minutes plus tard, clac, je suis dans son appartement parisien. Elle est prête. Le panier est posé sur la table du salon. Clac, nous sommes au bureau. Le temps qu’elle installe le repas, je réponds aux derniers mails. A la fin du repas, clac je la dépose à l’autre bout de Paris où elle devait faire une course. Et clac je repars au travail.
16h30. J’ai le temps de faire un coucou à mes amis slovènes avant de récupérer Thomas.
17h05 je suis devant le collège. Thomas vient vers moi enchanté à l’idée de boire un onctueux chocolat chaud. Clac, nous sommes dans un salon de thé viennois. Hummmm un chocolat généreux et une part de cet énorme gâteau à la crème… Quel bonheur de parler de notre journée dans cette petite boutique ! Par chance, pas de devoir pour demain ! Nous sommes tout proche de Stephansplatz. Profitons-en pour visiter la cathédrale. Savourons quelques pas dans les ruelles de ce quartier. Les gens se déplacent rapidement. Tête vers le sol. Pressés de rentrer chez eux. Thomas aussi a envie de rentrer à la maison. Il lève les yeux et me dit « Et si on rentrait ? J’ai envie de poser mon cartable ». Clac maison.
Une foultitude d’intentions fusent. Je cuisine et nous allons chez des amis ? Et si on allait dans cette petite crêperie d’Amsterdam ? Si on part de suite, on trouvera peut être deux places pour revoir la comédie musicale Mamma Mia à Londres ?
Clac je suis dans mon lit. Je rêve à demain. Et si demain matin, je déposais un panier de nourriture devant la porte d’un appartement du Caire…

Clic

Aujourd’hui, nous sommes le samedi 1er octobre. Une journée qui ne reviendra plus jamais et qui nous est donnée pour apprendre à aimer.

Aujourd’hui, c’est un grand jour : j’écris un samedi ! J’imagine que pour la plupart des gens, cela ne veut rien dire …mais pour moi c’est un petit miracle ! Le samedi, c’est le jour où je dois faire tout ce que je n’ai pas le temps de réaliser correctement le soir après le travail : les courses, la lessive, le ménage, le repassage, les travaux de la maison, en insérant aussi l’organisation des devoirs de mon fils. Bref, c’est une journée qui n’est jamais assez grande…
Il y a 10 minutes, j’étais en train de laver un de mes pantalons noirs à la main et je pensais à écrire …j’étais inspirée. Et je me faisais cette réflexion très banale …c’est toujours à un moment inapproprié que j’ai envie d’écrire …du style il est 3h du matin, il me vient des idées mais je sais aussi que demain sera une journée chargée et je dois dormir. Finalement, je me demande si mes envies ne sont pas des échappatoires…
Bref, il y a 15 minutes, les mains dans l’eau froide et la lessive, je pensais à une expérience Word que j’aimerais pouvoir appliquer dans ma vie. Et là je me suis dit « Alexandra Toivel, qu’est-ce qui te retient d’allumer l’ordinateur et dire ce que tu as sur le cœur ? C’est une paire de pantalon qui va couper ton élan ? ».
Petite victoire matinale sur le pantalon ! Alexandra : 1 !

Donc je disais … pouf pouf je récapépète, comme disait le drôlissime Pierre Desproges.
Vous connaissez cette fonction de Word, cette petite merveille bleue, la petite flèche en haut à gauche de la page d’accueil qui permet de revenir en arrière ou de repartir en avant ?
Je m’en sers souvent lorsque je réalise des graphismes et alors que je suis proche de la perfection, je rajoute une petite touche et patatra un truc difforme apparaît … misère ! triple misère criais-je dans le passé …jusqu’au jour où une âme bien intentionnée a partagé son secret : la petite flèche ! Un clic et tout redevient comme avant la tempête ! Et juste pour t’amuser, tu peux cliquer à nouveau vers l’avant, c’est la misère ! Et paf en arrière, c’est la sérénité !

Et si c’était comme cela dans la vie ?! Dimanche dernier, je peignais. Tout allait bien et puis un moment d’inattention et ma main dérive de l’objectif et un coup de pinceau part sur une zone blanche …qui manifestement ne voulait pas rester blanche … Et là tout s’enclenche ! L’alarme s’allume et retentit dans mon corps. Poser le pinceau. Aller chercher l’éponge. Vite vite enlever le vert sur le blanc. Éviter les pots de peinture au sol. Garder son calme, ce n’est que de la peinture verte sur un mur blanc…ce n’est pas la fin du monde. Et ce vert qui part mais s’incruste aussi dans le blanc …ohlalalala je suis bonne pour passer une petite couche de blanc après le vert …en espérant que ce dernier ne débordera pas sur le vert…
Si la vie était wordienne, un clic mental et le mur redevient blanc !

L’autre jour, en cuisinant des quenelles …alors que j’allais attraper la farine pour la mélanger aux œufs, ma main glisse sur le bol et ce dernier vole, la farine tourbillonne. Résultat des courses : la farine est au sol, le récipient est en mille morceaux. Et les œufs vont cramer. Un petit drame quotidien diront certains. Soit dit en passant les quenelles étaient délicieuses. Disons que cela a engendré une séance nettoyage de printemps des tiroirs de la cuisine qui n’était pas prévue au moment où je me suis dit « tiens si je faisais des quenelles pour ce soir ! ». J’ai bien essayé mentalement de cliquer mais bon rien à faire. La farine est restée éparpillée au sol. Le bol n’est pas revenu dans mes mains en un seul morceau.

L’an passé, je me suis fâchée avec un ami. Clic j’efface ce que je lui ai dit. Clic j’efface ce qu’il m’a dit. Clic j’efface ce qu’il a fait qui m’a tant fâché.

Ah oui la vie serait vraiment plus simple si l’on pouvait revenir en arrière en un clic sans conséquence.

Cieux

Aujourd’hui, nous sommes le jeudi 29 septembre. Une journée qui ne reviendra plus et qui nous est donnée pour apprendre à aimer.

Cet été au mois d’août, le fils de Maryse est venu passer 10 jours à la maison avec nous.
Un soir, nous sommes allés à la fête foraine. En sortant de la voiture, j’ai été émerveillée par la lumière et les couleurs du ciel. C’était un dimanche ! Un dimanche de fortes chaleurs où des orages menaçaient nos têtes tout au long de la journée. Et finalement, pas une goutte de pluie.
Je n’ai pu m’empêcher de penser que Maryse veillait sur son fils.

Le premier jour du reste

Aujourd’hui, nous sommes le mercredi 28 septembre. Une journée qui ne reviendra plus jamais et qui nous est offerte pour apprendre à aimer.

Son visage est calme. Elle arbore un sourire paisible. Ses yeux sont ailleurs. Elle pose avec une certaine lascivité devant l’objectif. Qui l’a prise en photo ? Son fils ? Un homme ? Je ne le sais pas.
A droite de la photo, son nom. Maryse Bernaude.
Le profil de sa page Windows live est vierge.
Le dossier photos ne dévoile rien.
Juste une adresse mail. Plus personne ne répond.
Et cette phrase « Aujourd’hui est le premier jour du reste ».

Bien sûr, Maryse fait référence à cette si émouvante chanson d’Etienne Daho dont le titre exact est Le Premier Jour Du Reste De Ta Vie.

Un matin comme tous les autres
Un nouveau pari
Rechercher un peu de magie
Dans cette inertie morose

Clopin clopan sous la pluie
Jouer le rôle de sa vie
Puis un soir le rideau tombe
C’est pareil pour tout l’monde

Rester debout mais à quel prix
Sacrifier son instinct et ses envies
Les plus essentielles

Mais tout peut changer aujourd’hui
Et le premier jour du reste de ta vie
Plus confidentiel

Pourquoi vouloir toujours plus beau
Plus loin plus haut
Et vouloir décrocher la lune
Quand on a les étoiles

Quand les certitudes s’effondrent
En quelques secondes
Sache que du berceau à la tombe
C’est dur pour tout l’monde

Rester debout mais à quel prix
Sacrifier son instinct et ses envies
Les plus confidentielles

Mais tout peut changer aujourd’hui
Et le premier jour du reste de ta vie
C’est providentiel

Debout peu importe le prix
Suivre son instinct et ses envies
Les plus essentielles

Tu peux exploser aujourd’hui
Et le premier jour du reste de ta vie
Non accidentel

Oui tout peut changer aujourd’hui
Et le premier jour du reste de ta vie
Plus confidentiel

Neuf mois plus tôt…je suis chez moi. Le téléphone sonne.
Bonjour Maryse ! Comment vas-tu ? C’est un passage à vide mais tout va repartir. Ah oui tu emménages avec Paul ! C’est génial ! Vous avez choisi une petite maison …cool ! Il est déjà installé et il t’attend ? Et alors quand le rejoins-tu ? Oui je comprends vider les placards, trier, faire les cartons… ce n’est pas une partie de plaisir. Mais bon le côté positif, c’est justement de repartir sur des bases saines. Vends tout ce qui n’est plus ta vie ! Garde l’essentiel ! Reconstruisez ensemble votre vie ensemble ! C’est chouette tout de même !! Tu es fatiguée…je l’entends. Je te propose un truc : tu as une semaine pour faire tes cartons. Tu as 5 pièces. Une pièce par jour, c’est possible ! Quand tu as fini et que tu as fixé le jour du déménagement, appelle-moi et je t’aide à charger le camion. Allez courage Maryse ! Tu y es presque ! Ça fait 5 ans que tu me dis que ton souhait le plus cher, c’est de partager à nouveau ta vie avec un homme. Et là cet homme t’attend dans la maison que vous avez choisi ensemble ! Voilà ton rêve est là ! Oui ….oui ….bien sûr tu as perdu ton fils… enfin il n’est pas vraiment perdu. Il est juste parti vivre avec son père. Installe-toi ! Construis un petit nid douillet ! Et l’été prochain, lorsque tu prendras ton fils en vacances, il aura sûrement envie de rester avec toi ! Avec vous ! Mais Paul va finir par comprendre que tu as besoin de ton fils aussi. ……….oui ça fait plusieurs fois que tu me répètes que Paul t’aime. C’est entendu. La seule question que j’ai envie de te poser, c’est l’aimes-tu ? Ok ! Alors fonce et fais tes cartons ! D’accord ? C’est avec plaisir ! Je sens que tu vas mieux ! Je suis contente ! J’entends à nouveau ton sourire ! J’attends ton appel ! A très vite Maryse ! Je t’embrasse !

Quinze jours plus tard… le téléphone sonne. La nouvelle explose dans ma tête. Maryse a mis fin à ses jours.
Aujourd’hui est le premier jour du reste. Elle n’a pas osé mettre « du reste de ma mort ». A sa place, je crois que j’aurais marqué « Aujourd’hui est le premier jour du reste de ma nouvelle vie de l’autre côté du miroir ».

Ce premier jour du reste, tout a basculé dans ma vie.

Maryse, sereine, sourit sur sa page Internet pour l’éternité.
Plus personne ne répond au mail.
Elle est ailleurs.

Qui suis-je ?

Aujourd’hui, nous sommes le mardi 27 septembre. Une journée qui ne reviendra plus jamais et qui nous est donnée pour apprendre à aimer.

Je me présente, je m’appelle Alexandra, je voudrais bien réussir ma vie, être aimééééée … je m’égare ! Je suis donc Alexandra. Je suis maman d’un préadolescent, Thomas. Je suis assistante de direction et je suis célibataire.

Quatre « suis » qui essuient ma vie !
Pour autant savez-vous qui je suis ?
Le sais-je moi-même…?

J’aime être maman. J’aime chanter. J’aime cuisiner. J’aime peindre. J’aime jouer. J’aime nager.

Jour après jour, j’entends raconter ma vie, du plus petit au plus grand ou de l’infiniment grand à l’infiniment petit.

Mon objectif premier est « m’accorder 30mn quotidiennes pour libérer mon esprit ». 30 minutes par jour rien que pour moi, cela relève presque du miracle. Mais je suis joueuse et je relève le défi. Je mérite largement ces doses d’amour !

Mon objectif deuxième est de faire échos dans vos vies, dans nos vies. Sans cesse de naviguer, dans tous les sens, entre le personnel et l’universel. Hé oui nous ne faisons qu’un !

Vous entendez le petit air ?

Mon premier c’est plaisir.
Mon deuxième du plaisir.
Mon troisième donne du plaisir ouh ouh
Et mon tout c’est du plaisir !

Alors à tout soudain !

Mon ange

Aujourd’hui, nous sommes le vendredi 23 septembre. Une journée qui ne reviendra plus jamais et qui nous est donnée pour apprendre à aimer.

C’est un lieu commun que de dire que le temps passe.
Et pourtant … je ne peux que constater que le temps fuse et bondit hors du temps.
Hier mon fils naissait et si j’en crois la toise, qui n’a pas pour habitude d’être facétieuse, ce matin, il mesure 1,60m. Un chiffre tout rond. Rond comme mon ventre 12 ans plus tôt.
12 ans de vie commune avec ce petit être d’amour.
Chaque jour est un spectacle et une leçon.
Son corps s’allonge. Sa présence grandit. Son amour se multiplie.
Merci la vie !
Merci à toi mon fils d’être venu en moi.
Depuis toi, mon dos me chatouille et je sens chaque jour mes ailes repousser.
Je t’aime.
Je t’entends me dire de ta voix malicieuse, les yeux débordant de rires « moi aussi j’aime passer du temps avec toi ! ».
Comprendront les passionnés de Friends:-)

Qu’est-ce que tu diras ?

Aujourd’hui, nous sommes le jeudi 22 septembre. Une journée qui ne reviendra plus jamais et qui nous est donnée pour apprendre à aimer.

Tu m’as dit que j’étais faite pour une drôle de vie
J’ai des idées dans la tête et je fais ce que j’ai envie
Je t’emmène faire le tour de ma drôle de vie
Je te verrais tous les jours…

Si je te pose des questions,
Qu’est-ce que tu diras?
Et si je te réponds,
Qu’est-ce que tu diras?
Si on parle d’amour,
Qu’est-ce que tu diras ?

Si je sais que tu mènes la vie que tu aimes au fond de moi,
Me donne tous tes emblèmes, me touche quand même du bout de ses doigts,
Même si tu as des problèmes, tu sais que je t’aime, ça t’aidera,
Laisse les autres totems, tes drôles de poèmes, et viens avec moi

On est partis tous les deux pour une drôle de vie
On est toujours amoureux et on fait ce qu’on a envie
Tu as sûrement fait le tour de ma drôle de vie
Je te demanderai toujours…

Si je te pose des questions,
Qu’est-ce que tu diras?
Et si je te réponds,
Qu’est-ce que tu diras?
Si on parle d’amour,
Qu’est-ce que tu diras ?

Si je sais que tu mènes la vie que tu aimes au fond de moi,
Me donne tous tes emblèmes, me touche quand même du bout de ses doigts,
Même si tu as des problèmes, tu sais que je t’aime, ça t’aidera,
Laisse les autres totems, tes drôles de poèmes, et viens avec moi

Et si je sais que tu mènes la vie que tu aimes au fond de moi,
Me donne tous tes emblèmes, me touche quand même du bout de ses doigts,
Même si tu as des problèmes, tu sais que je t’aime, ça t’aidera,
Laisse les autres totems, tes drôles de poèmes, et viens avec moi…

J’adore cette chanson ! Les paroles, le rythme, la mélodie, l’énergie qui s’en dégage.
J’aime la chanter et la danser aussi !
Elle est devenue un grand moment de complicité entre mon fils et moi. Nous nous retrouvons souvent le temps de nous brosser les dents devant le grand miroir et chantons à tue-tête et dansons vigoureusement.

Où vas-tu ?

Aujourd’hui, nous sommes le mercredi 21 septembre 2011. Une journée qui ne reviendra plus et qui nous est offerte pour apprendre à aimer.

Où vas-tu ?
Aux toilettes !
Ne tire pas la chasse !
Pourquoi …?
Il y a un problème. Ne tire pas la chasse, je le ferai.
D’accord…

Voilà la conversation d’une petite fille de 6 ans avec sa grand mère.
Aller aux toilettes dans cette maison presque inconnue relève de défis incroyables.
Il faut ouvrir une porte qui donne sur un débarras noir, très noir où sont stockés des buches, du vin, des araignées, et tous les monstres de l’univers. Ce pseudo couloir mesure à peine 2 à 3 mètres … mais du bas de mes 6 ans, j’ai l’impression d’être dans le couloir de la mort. Atteindre la porte d’en face. Oser avancer. J’ai tout essayé. Y aller en courant le plus vite possible, ouvrir la porte pour voir enfin la lumière. Marcher à pas de fourmis et scruter les menaces pour mieux me protéger. Rien à faire ! Aller aux toilettes est un cauchemar. Je sais que souvent il se cache dans la pénombre collé au tas de bois. Il est prêt à bondir et à me faire peur. Il prend du plaisir. Je le vois bien. Il ne rit jamais, il ne sourit jamais. Mais dans les ténèbres de ce couloir, je sens son sourire et je me dis « sois forte ».
Ouf cette fois-ci, il n’est pas là. Il est sûrement dehors sur un banc à chiquer avec les vieux du village.
J’entre dans la salle de bain où se trouvent aussi les toilettes. C’est une pièce bleue, ce bleu passé des années 60. Le carrelage mural est bleu et noir. Il fait froid. Décidément, je n’aime pas venir ici. Si je pouvais me vider une fois pour le mois entier. Si je pouvais ne plus revenir dans cette pièce… Comme me l’a demandé ma mère grand, je ne tire pas la chasse. Je rebrousse chemin. Je sais qu’il ne se cache pas. J’ai bien écouté. Il n’y a pas eu de bruits. Personne n’est entré. Je peux avancer confiante et reprendre mes jeux.

Le coup de grâce tombe quelques minutes plus tard. Ma grand mère, des toilettes, hurle « Alexandraaaaaaaaaa ! ».
Oui mamie !
Viens !
J’arrive.
Tu gaspilles le papier.
??????
Oui ! Tu utilises trop de papiers ! Je me doutais bien que c’était toi et je voulais vérifier.

Que dire, que répondre à ces maux. Je reste muette. Blessée. Blessée à tout jamais. Je suis trahie par cette femme qui prend du temps pour espionner le nombre de feuilles que je vais utiliser et qui ferme les yeux sur cet homme qu’elle héberge et cherche à me terroriser.

Aujourd’hui, 36 ans se sont écoulés. Il m’arrive très souvent de penser à ma grand mère lorsque j’attrape le rouleau de papier toilettes. Aujourd’hui, c’est décidé ! Cette histoire, je la rends à l’univers. Et je tire la chasse !